Le Facteur G

Publié le 08/06/2021

Le monde actuel évolue, tiré par des transitions de long terme dans les domaines de la démographie, de la technologie, de l’environnement et de la gouvernance des entreprises. Dans cet entretien, Amber Fairbanks et Manon Salomez reviennent sur l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la gouvernance des entreprises et partagent la vision de Mirova, qui privilégie la création de valeur partagée sur le long terme.

Mirova

À retenir

  • Pour nous, la pandémie n’a pas constitué un point d’inflexion pour la gouvernance des entreprises, mais elle a clairement accéléré une transition préexistante et nécessaire vers un capitalisme plus juste.
  • Depuis la création de la société de gestion en 2014, Mirova a toujours placé la création de valeur pour les parties prenantes - et non seulement pour les actionnaires - au cœur de sa vision.
  • Afin d’assurer que nous investissons dans des entreprises qui partagent notre vision de la gouvernance durable, nous essayons d’utiliser tous les outils pertinents à notre disposition. Ceci passe notamment par une politique robuste de vote et d’engagement.

 

Pensez-vous que la crise actuelle constitue un point d’inflexion pour la gouvernance d’entreprise ?

Tout d’abord, il nous semble important de préciser que si la gouvernance renvoie à un système d'entités décisionnelles qui dirige un certain domaine d'activités, le terme est fréquemment employé pour désigner des réalités bien différentes. Le développement de l’investissement responsable est étroitement lié à la prise en compte de critères ESG1. Si les ODD2 ont pour vocation de répondre de manière exhaustive aux problématiques environnementales et sociales, ils n’abordent que partiellement les enjeux de gouvernance. Or une gouvernance de qualité est fondamentale à la réussite des entreprises dans leur démarche de développement durable : un conseil d’administration opérationnel et représentatif des parties prenantes de l’entreprise, des contrôles internes robustes, ainsi qu’une politique de rémunération des dirigeants qui intègre les facteurs environnementaux et sociaux aux pratiques des entreprises, sont essentiels pour que ces dernières puissent créer des impacts positifs pour la société. De la même façon, nous pensons que la bonne gouvernance des organismes publics est nécessaire pour assurer le bien-être des citoyens.

En 2020, lors de l’apparition de la pandémie, la pression sur les entreprises s’est intensifiée et elles ont été contraintes de réfléchir à travers le prisme de leurs parties prenantes et de prendre davantage en compte leur impact global sur la société et la planète. Pour autant, nous ne dirions pas que la pandémie a constitué un point d’inflexion pour la gouvernance des entreprises. En revanche, nous pensons qu’elle a accéléré la transition préexistante et nécessaire des entreprises vers un capitalisme plus juste. Heureusement, ces dernières avaient commencé à s’interroger sur leurs modèles économiques et sur la manière dont elles interagissent avec leurs fournisseurs, prestataires, clients et communautés, avant l’arrivée des différents confinements et des perturbations économiques.

En d’autres termes, le débat sur le rôle du Facteur G dans la transformation de la société et de l’environnement avait déjà été amorcé.

De quelle manière ?

À titre d’exemple, en 2019, le Business Roundtable, un groupe composé de 250 dirigeants de grandes entreprises américaines, a annoncé ne plus prioriser la création de valeur pour les actionnaires. Au contraire, en adoptant des pratiques durables sur l’ensemble de leurs activités, leur objectif est de soutenir les communautés dans lesquelles elles travaillent et de protéger l’environnement. 

Nous pensons que la pandémie a généré de grandes perturbations pour nous tous, en qualité d’individus, de citoyens, d’entreprises ou d’investisseurs. Elle a gravement impacté les systèmes de santé publique mondiaux, ainsi que nos économies et nos sociétés. Contraintes de gérer leurs opérations quotidiennes tout en protégeant la santé et la sécurité financière de leurs collaborateurs, les entreprises ont dû faire face à de nombreux défis. Depuis le début de la pandémie, nous avons ainsi vu des entreprises prendre des mesures de court terme : congés rémunérés, dons aux hôpitaux, primes pour les collaborateurs, conditions de paiement adaptées pour les fournisseurs afin de soutenir leurs parties prenantes... Néanmoins, la transition vers un capitalisme plus juste devra être portée par des mesures plus durables, comme une meilleure représentativité des collaborateurs au conseil d’administration, ou l’intégration de critères de développement durable à la politique de rémunération des dirigeants.

Comment accompagnez-vous la transition vers un capitalisme plus juste chez Mirova ?

Chez Mirova, en 2020, nous avons encouragé les entreprises avec lesquelles nous dialoguons à être prudentes dans leur distribution de dividendes, mais également à maintenir l’emploi, à privilégier la santé et la sécurité et à préserver les relations fournisseurs/clients.

Plaider en faveur de la création de valeur pour les parties prenantes, et non seulement pour les actionnaires, a toujours été au cœur de la vision de Mirova, et ce depuis la création de la société de gestion en 2014.

La récente reconnaissance de Mirova comme entreprise B-Corp3 et société à mission4 témoigne de cette approche de long terme en matière de capitalisme responsable. En fin de compte, notre objectif est à la fois d’investir dans des entreprises qui offrent des solutions aux enjeux du développement durable, mais également d’intégrer des pratiques durables au sein de leur gouvernance. En tant qu’investisseur responsable, nous souhaitons générer un impact positif le plus large possible en encourageant le développement d’une vision d’entreprise axée sur la création de valeur partagée, sur le long terme.

Notre conviction, en tant qu’investisseurs, est que les entreprises alignées avec les principes du développement durable pourront créer de la valeur positive, sur le long terme, au service de leurs actionnaires mais également de leurs parties prenantes.

Quels leviers peuvent inciter au changement en matière de gouvernance d’entreprise ? 

Afin d’assurer que nous investissons dans des entreprises qui partagent notre vision de la gouvernance durable, nous essayons d’utiliser au maximum tous les outils à notre disposition. Nous privilégions une démarche active d’engagement afin de créer un environnement propice à la gestion responsable. À ce titre, nous encourageons les entreprises à adopter des objectifs qui sont alignés avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, mais également à améliorer la transparence de leur communication sur les efforts entrepris dans le domaine du développement durable ou sur leurs pratiques globales : par exemple, en développant des solutions à certaines problématiques ESG.

Tous les ans, nous transmettons par ailleurs aux entreprises nos priorités d’engagement. Outre l’accent mis sur l’atténuation du changement climatique ou la préservation de la biodiversité, nous mettons en avant nos attentes, qui portent sur une intégration du développement durable au cœur de la gouvernance et une transparence accrue sur les impacts. Nous accordons également une grande importance à la réduction des inégalités (partage de la création de valeur, diversité des genres). Enfin, dernier point mais non des moindres, nous encourageons les actionnaires à promouvoir notre vision d’une entreprise idéale à travers notre politique de vote, sur la base de 4 principaux piliers.

piliers-politique-vote-mirova-actionnariat-gouvernance-engagement

Pour plus d’informations sur notre politique de vote, consultez le document suivant : 
Politique de vote : une gouvernance favorable au développement durable

Pour plus d’informations sur nos méthodologies, consultez la section "Recherche" de notre site web.

amber-fairbanks

Amber FAIRBANKS, CFA

Portfolio Manager
Salomez-Manon

Manon SALOMEZ

SRI Analyst
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1 - Environnemental, Social, Gouvernance
2 - Objectifs de Développement Durable

3 – Pour plus d’informations : www.bcorporation.net/about-b-corps
4 - Pour plus d’informations : www.entrepriseamission.com
CFA® et Chartered Financial Analyst® sont des marques déposées du CFA Institute.
Mirova US est une société de conseil en investissement basée aux États-Unis détenue à 100% par Mirova. Mirova opère aux États-Unis à travers Mirova US. L’accord entre Mirova US et Mirova prévoit que Mirova apporte son expertise de gestion et de recherche à Mirova US ; cette dernière l’associe à sa propre expertise afin de conseiller ses clients.
Les éléments communiqués reflètent l’opinion de Mirova à la date de publication du présent document et sont susceptibles d’évoluer sans préavis.
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