Une stratégie actions au service d’une économie décarbonée

Publié le 08/11/2021

L’heure de la mobilisation générale

Depuis maintenant plusieurs décennies, nous assistons chaque année à un renforcement des conséquences du changement climatique. Les sécheresses, les vagues de chaleur, les fortes pluies, les inondations et les glissements de terrain deviennent de plus en plus fréquents. En parallèle, l’élévation du niveau de la mer, l’acidification des océans se poursuivent sous l’effet du réchauffement. Nous savons également que le changement climatique participe à accélérer le déclin de la biodiversité déjà mise en péril par les activités humaines, indépendamment du climat.

Des changements drastiques s’imposent, tant dans la production d’énergie que dans les processus de fabrication et les modes de consommation. Afin de rendre le système énergétique actuel compatible avec le défi climatique, il est crucial d’accompagner l’accélération de la transition vers une économie décarbonée, et la mobilisation doit être générale. La finance ne fait pas exception et a un rôle à jouer, en opérant une transformation profonde des choix en matière d’allocation des capitaux.

Manuel Coeslier, Gérant de la stratégie actions Mirova Climate Ambition1, et Ladislas Smia, Directeur de la Recherche en Développement Durable, nous éclairent sur la mobilisation générale qu’implique LE défi du 21ème siècle. 

Mirova

En bref

  • Se mobiliser face au changement climatique devient urgent, et c’est l’affaire de tous.
  • Des changements drastiques s’imposent, tant dans la production d’énergie que dans les processus de fabrication et les modes de consommation.
  • La Neutralité Carbone — la vraie — appelle une remise en cause profonde du modèle économique des entreprises et une réorientation immédiate et massive des capitaux.
  • La stratégie Climate Ambition2 offre une gestion combinant exposition sectorielle diversifiée et recherche d’alignement avec le scénario climatique le plus ambitieux.
  • Pour évaluer le plus finement possible la performance climatique des entreprises, Mirova a développé, en collaboration avec Carbone 43, une méthodologie qui, selon une approche en cycle de vie, permet de calculer à la fois les émissions induites et les émissions évitées.

La neutralité carbone, la vraie

Des actions radicales

Le 18 mai dernier, l’AIE (Agence internationale de l’énergie) publiait « Net Zero by 2050 »4, un rapport explicitant sans détour les mesures à prendre et les actions concrètes à mettre en place par secteur d’activité afin de limiter la hausse des températures à 1,5°C.

La liste donne le vertige.

Dès aujourd’hui, arrêt des investissements et des prospections pétrolières et gazières. 2025 sonne la fin des chaudières à gaz comme à pétrole et 2030 celles des centrales à charbon dans les économies avancées ; la croissance du trafic aérien est également stoppée. À la même date, plus d’une voiture sur deux dans le monde est vendue en électrique.

En 2040 — c’est-à-dire demain — la moitié du parc immobilier mondial est bas-carbone, tout comme la totalité de la production d’électricité, essentiellement solaire et éolienne ; 50 % des avions encore dans le ciel volent aux carburants bas-carbone, en attendant l’hydrogène dont la production est multipliée par 5 d’ici 2050, date à laquelle il sera 100 % « vert ». Dans le même temps, le captage de CO2 résiduel atteint 7,6 Gt par an5. Le rapport nous rappelle aussi que, même avec le déploiement de l’ensemble de ces mesures, il restera encore des émissions de CO2 que nous aurons besoin de capter et séquestrer.

Les engagements s’envolent, les émissions restent ?

Bien qu’il y ait un consensus politique croissant sur la nécessité de parvenir à la neutralité carbone et que les pays à avoir pris un tel engagement sont de plus en plus nombreux, la manière de matérialiser cet engagement manque de clarté. Les gouvernements doivent donner un signal clair et sans équivoque de leur volonté d’adopter des technologies propres pour décarboner l’économie. Un récent rapport de l’ONU6 alerte d’ailleurs les États signataires de l’accord de Paris7 : leurs engagements actuels mènent le monde à un réchauffement climatique « catastrophique » de + 2,7 °C, très loin de l’objectif de 1,5 °C espéré. Côté entreprises, les ambitions affichées sont bien loin de satisfaire la radicalité des actions exigées. La plupart des engagements se limite en effet à compenser ou à réduire les émissions de gaz à effet de serre sur un périmètre trop restreint, qui prend rarement en compte les émissions des fournisseurs ou l’utilisation des produits.

La Neutralité Carbone — la vraie — appelle une remise en cause profonde du modèle économique des entreprises et une réorientation immédiate et massive des capitaux.

Après la fin de la récréation, place aux solutions

Le discours d’Antonio Guterres à la COP26 a été sans détour, appelant les dirigeants à « sauver l’humanité » face au changement climatique8. Si nous voulons encore avoir une chance d’éviter les conséquences les plus graves du changement climatique, il est plus que temps de se concentrer sur la transformation en profondeur de nos sociétés. On le voit, la Neutralité Carbone — la vraie — appelle une remise en cause profonde du modèle économique des entreprises et une réorientation immédiate et massive des capitaux.

Le rôle prépondérant de la finance

Un contexte porteur

Face à de tels défis — qui sont autant d’opportunités — les acteurs de la finance doivent accélérer et renforcer leurs initiatives dans un contexte réglementaire porteur, notamment en Europe.

La taxonomie européenne des activités vertes (qui permettra de déclarer dans quelle mesure les sociétés sélectionnées en portefeuille contribuent à financer des activités dites « vertes »), ou encore les recommandations de la TCFD (Task force on Climate-related Financial Disclosure9, établissant un standard mondial sur l’évaluation des risques climatiques), sont autant de mesures qui vont dans le sens d’un meilleur financement de la transition environnementale.

Des initiatives positives

En plus de ce contexte réglementaire porteur, des coalitions telles que l’alliance NZAMI (Net Zero Asset Managers Initiative10), dont Mirova est signataire, font aussi bouger les lignes en orientant l’engagement actionnarial, en développant des méthodologies communes ou encore en apportant une cohérence entre les attentes des entreprises et la finance.

Tous ces éléments contribuent à constituer un environnement favorable au financement d’une économie décarbonée.

Par la place centrale qu’il occupe dans l’économie, le secteur financier doit repenser ses allocations de capitaux s’il veut devenir un acteur de la neutralité carbone. Il est aujourd’hui essentiel, notamment, de réduire le financement des énergies fossiles et des entreprises très carbonées et d’investir massivement dans les solutions à la lutte contre changement climatique que sont les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la mobilité bas-carbone ou encore l’hydrogène vert.

Stratégie Climate Ambition de Mirova

Une stratégie actions pour décarboner l’économie

Chez Mirova, en tant qu’investisseurs à impact, nous sommes plus que jamais convaincus que la finance peut jouer un rôle majeur dans la décarbonation de l’économie.

Gérer le risque n’est donc pas suffisant, il faut aussi — et surtout — agir en pensant « solution » et engagement.

Il faut utiliser le levier de l’engagement pour accompagner les entreprises dans leur transition environnementale et énergétique tout en investissant dans les acteurs apporteurs de solutions innovantes et différenciantes.

Cette approche exhaustive et compréhensive du climat est au cœur de la stratégie Climate Ambition de Mirova.

Une stratégie qui combine ambition et diversification11

La stratégie Climate Ambition offre une gestion combinant exposition sectorielle diversifiée et recherche d'alignement avec le scénario climatique le plus ambitieux.

En plaçant la stratégie Mirova Climate Ambition Equity au cœur de leurs portefeuilles, les investisseurs peuvent ainsi s’exposer au sein des marchés actions dans une zone géographique spécifique (les États-Unis, l’Europe ou le monde) et, dans le même temps, réduire leur exposition aux risques liés au changement climatique tout en augmentant leur contribution au financement des apporteurs de solutions innovantes et différenciantes pour atteindre la neutralité carbone.

La stratégie Climate Ambition permet d’investir à la fois dans des secteurs à forts enjeux climatiques, comme la mobilité durable ou la production d’énergies renouvelables — à travers de grands acteurs déjà établis et de petites pépites innovantes — mais aussi dans des secteurs et titres dits à faibles enjeux climatiques, tels que les médias, les services ou encore la santé.

L’analyse de ces titres se fait à la fois sur la mesure des émissions de carbone induites et évitées, mais également d’un point de vue ESG (Environnemental, Social et Gouvernance) sous le prisme de leur contribution aux Objectifs de Développement Durable de l’ONU12. Pour les secteurs à forts enjeux climat, l’analyse ESG globale est complétée par une analyse quantitative de l’impact climatique des entreprises.

Il s’agit de ne pas pénaliser aveuglément les acteurs qui émettent le plus de carbone, mais plutôt d’apporter des financements aux entreprises qui offrent des solutions nouvelles et à celles qui souhaitent changer : évoluer d’une obligation de moyens vers une obligation de résultats.

De l’impact climat

Mesurer la performance climatique d’une entreprise au prisme de sa seule empreinte carbone (au sens traditionnel) ne suffit pas : il est tout aussi indispensable de mesurer sa contribution — et celle de ses produits — à la nécessaire décarbonation de l’économie. La principale difficulté est liée au fait que l’évaluation de l’impact climat est principalement communiquée par les entreprises elles-mêmes sur des périmètres hétérogènes et sans valorisation de l’impact « positif ».

Les pales d’un constructeur d’éoliennes nécessitant des matériaux fossiles, les émissions de carbone induites laisseraient à penser que cette entreprise a un impact négatif sur le climat, même en analyse en cycle de vie. Or les pales d’éoliennes permettent une production d’électricité décarbonée : elles sont donc une partie de la solution à la transition énergétique.

Pour évaluer le plus finement possible la performance climatique des entreprises, Mirova a donc développé, en collaboration avec Carbone 413, une méthodologie qui, selon une approche en cycle de vie, permet de calculer à la fois les émissions induites et les émissions évitées. Grâce à ces deux mesures, qui sont homogènes à travers les secteurs et les entreprises, Mirova sait quantifier l’exposition de ses portefeuilles aux risques et aux opportunités liés au changement climatique et à la transition énergétique14.

Tout savoir sur : La stratégie Mirova Climate Ambition Equity

  • Un processus d’investissement robuste et transparent alliant gestion quantitative et fondamentale
  • Une recherche d’alignement du portefeuille avec un scénario 2°C maximum*/**
  • Une méthodologie de calcul de l’empreinte carbone hautement innovante intégrant les impacts du cycle de vie et les émissions évitées
  • Une gestion active des risques intégrant les vues de marché au niveau du portefeuille
  • Une stratégie bénéficiant d’une large diversification et permettant de s’exposer à une zone géographique spécifique au sein des marchés actions : l’Europe, les États-Unis ou le monde
Manuel COESLIER

Manuel COESLIER

Equity Portfolio Manager
Ladislas SMIA

Ladislas SMIA

Head of Sustainability Research
1. Les risques spécifiques liés à l’investissement dans la stratégie sont liés à : la perte en capital, les instruments financiers dérivés, les titres de participation, le risque de contrepartie, l’investissement global, les taux de change, les investissements ESG, les changements de législation et / ou de régimes fiscaux, la concentration géographique. Concentration du portefeuille, petites et moyennes et grandes capitalisations, risque en matière de durabilité.
2. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital et de durabilité
3. https://www.carbone4.com/
4. Net Zero by 2050, A Roadmap for the Global Energy Sector
5. Net Zero by 2050, A Roadmap for the Global Energy Sector
6. Rapport UNFCCC sept 21
7. L’objectif central de l’Accord de Paris est de renforcer la réponse mondiale à la menace du changement climatique en maintenant l’augmentation de la température mondiale à un niveau bien inférieur à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter encore davantage l’augmentation de la température à 1,5 degré Celsius.
8. https://news.un.org/fr/story/2021/11/1107512
9. https://www.fsb-tcfd.org/
10. https://www.netzeroassetmanagers.org/
11. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital et de durabilité.
12. Objectifs de Développement Durable tels que définis par les Nations-Unies en 2015.
13. https://www.carbone4.com/
14. Mirova vise, pour l’ensemble de ses investissements, à proposer des portefeuilles cohérents avec une trajectoire climatique inférieure à 2°C définie dans les accords de Paris de 2015, et affiche systématiquement l’impact carbone de ses investissements (hors gestions Solidaire et Capital naturel), calculée à partir d’une méthodologie propriétaire pouvant comporter des biais. Pour plus d’informations sur nos méthodologies, veuillez consulter notre site web Mirova.
*Correspond aux plans d’actions mis en place pour respecter l’Accord de Paris, c’est-à-dire la hausse qu’il ne faudrait pas dépasser pour la température moyenne de la planète entre 1850 et 2100.
**Limites internes non contraignantes, Mirova peut changer ces limites à tout moment sans préavis. L’impact carbone des investissements (hors gestions Solidaire et Capital naturel) est calculé à partir d’une méthodologie propriétaire pouvant comporter des biais.
Les éléments communiqués reflètent l’opinion de Mirova à la date du présent document et sont susceptibles d’évoluer sans préavis.
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