Transparence, impact et engagement : le trio gagnant pour l’avenir de la gestion cotée selon Hervé Guez lors de son intervention à la PRI Digital Conference 2021

Publié le 20/10/2021 Actualités

Du 18 au 21 octobre 2021 se tenait la PRI Digital Conference1 organisée par les United Nations Principles for Responsible Investment (UNPRI)2, avec le soutien de Natixis Investment Managers. Le directeur de la gestion actions, taux et solidaire de Mirova, Hervé Guez, a eu l’honneur d’être invité à partager sa vision sur le sujet de l’avenir des marchés actions pour les dix prochaines années lors d’une session plénière qui s’est déroulée le 19 octobre.

Mirova

Règlement européen SFDR : une avancée réglementaire qui va dans le bon sens 

Alors que l’on peut avoir le sentiment que le sujet de l’intégration ESG3 dans l’investissement coté est désormais un acquis – on parle même de mainstreamisation (généralisation) de l’ESG –, Hervé Guez a rappelé qu’il n’existait toujours pas de définition commune de cette notion et que les réalités d’application restent très différentes d’un acteur financier à l’autre. 

En Europe, l’entrée en vigueur du règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation)4 vise d’ailleurs notamment à lisser les pratiques du secteur, en obligeant les acteurs financiers faire preuve de plus de transparence sur la façon dont les objectifs de développement durable sont pris en compte au niveau de leurs fonds. La classification en « article 8 » indique une prise en compte d’éléments environnementaux, sociaux et de gouvernance dans le process d’investissement, sans que cela ne soit son point central. On voit bien qu’aujourd’hui, l’intégration de critères ESG est devenue la norme, notamment pour chercher à limiter les risques et à maximiser la performance. La classification en « article 9 », en revanche, va plus loin puisqu’elle concerne les produits ayant un objectif d’investissement durable. On voit bien ici la limite entre une démarche qui intègre, parmi d’autres, les critères ESG, et la démarche qui les place au centre de son processus d’investissement et se fixe des objectifs. C’est cette seconde démarche, matérialisée par SFDR comme « Article 9 », qui relève selon nous de l’investissement à impact.  

Quelques mois après l’entrée en vigueur du règlement SFDR, Morningstar publiait une première étude dans laquelle elle estimait que les fonds classifiés Article 9 représentaient 2,7 % du total des actifs des fonds européens, contre 20,9 % pour l’article 85. Cette distinction structurante qui permet de faire la différence entre intégration et démarche d’investissement à impact, est selon Mirova le sens de l’Histoire : ainsi nous avons catégorisé l’ensemble de nos fonds en « article 9 », c’est-à-dire ayant pour objectif la recherche d’impact, en ligne avec notre rôle de société à mission6.

Intégration ESG et impact : recherche standards et données désespérément

L’amélioration de la transparence, mais aussi du reporting, sera donc clé pour la décennie à venir, comme l’a souligné Hervé Guez lors de son intervention à la PRI Digital Conference. Face à la crainte du greenwashing7, l’harmonisation des normes mondiales permettrait non seulement une meilleure compréhension globale des enjeux pour les investisseurs, mais également une plus grande lisibilité de l’offre. Ce besoin de standards et de méthodologies est valable pour la mesure carbone des portefeuilles comme pour les sujets de biodiversité et d’inclusion sociale, qu’il devient également urgent de prendre en compte et mesurer. 

La question des données est d’ailleurs centrale lorsque l’on parle de mesure d’impact : dépendre uniquement des fournisseurs de données n’est pas suffisant. C’est pourquoi Mirova a développé sa propre méthodologie d’analyse ESG, et mis en place une politique active de vote et d’engagement actionnarial, comme l’a rappelé notre directeur des gestions. En outre, en tant que société pionnière de la finance durable, nous mettons un point d’honneur à prendre part aux initiatives de place visant à pousser la réglementation vers une économie plus durable, mais aussi à participer au développement d’outils innovants, comme le premier outil de mesure d'impact sur la biodiversité.

Contribuer à structurer le marché à travers une gestion active8

Nous considérons que le premier rôle des gestionnaires de portefeuilles est d'allouer les capitaux qui lui sont confiés à des entreprises et des projets qui sont porteuses de solutions aux enjeux du développement durable : nos équipes de gestion pratiquent une gestion active, de long terme, uniquement. Hervé Guez a insisté sur le besoin d’allier à une gestion active la fixation d’objectifs d’impact et l’engagement actionnarial. Les objectifs lui semblent en effet indispensables pour pouvoir mesurer l’efficacité de la stratégie d’investissement d’un point de vue extra-financier. Quant à l’engagement actionnarial, dans lequel Mirova est très actif depuis sa création, Hervé Guez le conçoit comme un réel levier de transformation systémique. Il a souligné également la nécessité pour les investisseurs d’aligner leur politique d’engagement, leurs pratiques de vote et leurs investissements. En parallèle, sur le marché obligataire, l’engagement auprès des émetteurs d’obligations vertes et sociales permet de contribuer à structurer ce marché.

[1] Conférence digitale des PRI
[2] Les Principes pour l'investissement responsable sont un réseau international d'investisseurs soutenu par les Nations Unies
[3] Environnemental, Social et Gouvernance
[4] Règlement sur la publication d'informations en matière de durabilité
[5] Source : Morningstar, Mai 2021 
[6] L’article 176 de la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte, introduit la qualité de société à mission. Il permet à une société de faire publiquement état de la qualité de société à mission en précisant sa raison d'être ainsi qu’un ou plusieurs objectifs sociaux et environnementaux que la société se donne pour mission de poursuivre dans le cadre de son activité.
[7] Éco-blanchiment : méthode consistant à communiquer auprès du public en utilisant l'argument écologique
[8] La gestion active repose sur une réallocation régulière du portefeuille via des décisions discrétionnaires ou basées sur des modèles quantitatives (gestion du risque).
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