Mirova Insight 4: Investir pour une économie bas carbone

Publié le 14/10/2015

Comprendre, agir et rendre compte. Tels sont les impératifs auxquels doivent se soumettre non seulement les décideurs politiques et les instances de régulation mais aussi les entreprises afin de relever le défi que pose à nos civilisations le changement climatique. Bien évidemment, les responsabilités et les leviers d’actions des uns et des autres ne sont pas identiques. Mais rares sont ceux qui peuvent prétendre ne pas être concernés. En particulier, l’industrie financière, et de façon plus générale l’ensemble des intervenants sur les marchés de capitaux, disposent de leviers d’action considérables. Cette conviction est au cœur du projet d’entreprise de Mirova

A la veille de la COP 21, l’ambition de ce numéro spécial de notre revue  « Insights » est-elle de présenter un panorama de notre compréhension des enjeux du changement climatique, des solutions d’investissement sur les marchés financiers que nous avons identifiées et enfin des outils dont nous disposons pour rendre compte de l’impact de nos actions.

Comprendre, ce n’est plus seulement avoir conscience des conclusions du savoir scientifique dont le GIEC offre une synthèse remarquable et mise à jour régulière. C’est aussi saisir le mouvement de fond de régulations et d’innovations technologiques qui transforment de plus en plus rapidement l’environnement économique. Que l’on regarde en Europe, et notamment en Allemagne, la place prise par les énergies renouvelables et la façon dont les acteurs historiques comme E.ON sont amenés à s’adapter. Que l’on regarde outre-Atlantique le foisonnement d’innovations en matière de communication ou l’arrivée d’acteurs comme Tesla qui obligent à repenser la mobilité et bousculent les situations acquises des acteurs dominants comme Volkswagen. Où que l’on regarde enfin, les bâtiments n’ont plus le même rapport à l’énergie : ils consomment moins, mieux et deviennent parfois producteurs. Partout un constat s’impose, la question climatique s’est infiltrée dans la micro-économie. Le premier chapitre de cette revue s’attache à décrire ces transformations à l’œuvre.

Agir. Dans cet environnement en mutation, agir pour le climat n’est plus seulement une question d’altruisme ou d’écologie. Un monde d’opportunités s’ouvre pour investir dans des entreprises ou des projets favorables à la transition énergétique. Qui peut ignorer le potentiel que recèlent les entreprises dont les produits et services permettent de consommer moins ou mieux d’énergie et donc l’intérêt d’en être actionnaire ?

Qui peut ignorer l’essor des green bonds qui offrent aux investisseurs obligataires un outil adapté pour financer les investissements d’émetteurs de nature, d’horizon et de qualité de crédit de plus en plus diversifiés ? Qui peut ignorer, dans un contexte de marché volatil et de taux bas, tout l’intérêt des fonds investissant dans des infrastructures « vertes » ? Investir dans et pour le climat est aujourd’hui une possibilité qui n’oblige pas à renoncer à une juste rémunération des capitaux engagés. Bien au contraire. Le deuxième chapitre de cette étude montre ainsi tout le potentiel que recèlent les marchés actions, obligataires et des projets d’énergies renouvelables.

Rendre compte enfin. C’est d’abord mesurer l’empreinte carbone de ses investissements. Encore faut-il que le thermomètre soit fiable et pertinent. C’est dans cet esprit que Mirova a participé au développement de la méthodologie Carbon Impact Analysis de la société Carbone 4, fondée et dirigée par Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici qui font partie des meilleurs experts mondiaux en matière d’économie du climat. Mirova sera ainsi à même de mesurer non seulement les émissions de gaz à effet de serre induites dans ses portefeuilles, mais aussi et surtout les émissions évitées par ses investissements vertueux d’un point de vue climat.

Il s’agit aussi pour chacun des acteurs financiers, investisseurs institutionnels, sociétés de gestion, de rendre compte de l’exercice de ses responsabilités. C’est la raison pour laquelle Mirova conduit une politique d’engagement active tant sur la place financière qu’auprès des entreprises en faveur d’une meilleure prise en compte des enjeux climatiques.

Le dernier chapitre de notre étude présente ainsi les principes qui nous guident tant pour mesurer l’impact de nos investissements que pour affirmer notre rôle d’investisseur responsable.

La transition vers une économie bas carbone n’est plus une utopie : les technologies nécessaires sont sorties des laboratoires et, pour beaucoup d’entre elles, sont en phase industrielle. Elles offrent de nombreuses opportunités d’investissement à qui sait les saisir, ceux qui entendent jouer pleinement leur rôle d’investisseurs en allouant leurs capitaux aux projets et entreprises créateurs de valeur économique, environnementale et sociale. Bien sûr, ces décisions ne peuvent ignorer les contraintes de marché et les contraintes propres à chaque investisseur. S’il n’est pas question d’imposer des normes pour ses allocations sectorielles, il relève en revanche de la responsabilité de chacun d’utiliser les marges de manœuvres dont il dispose dans le cadre qui est le sien. Et, pourquoi pas, de savoir aussi penser parfois hors du cadre ... Les flux de capitaux ainsi alloués accéléreront encore l’innovation et les investissements nécessaires pour que notre modèle de développement soit à même de relever le défi climatique auquel il est confronté.