Contacts | Sites Natixis
>>>Une bonne gouvernance doit favoriser la création de valeur à long terme

Une bonne gouvernance doit favoriser la création de valeur à long terme

29/06/2012

Même délocalisée dans la baie de Rio, après un passage par Paris, l'année dernière, la première impression que donne le congrès de l'ICGN (International Corporate Governance Network) est que la gouvernance reste un sujet avant tout anglo-saxon. Parmi les cinq cents délégués, trois français seulement ont fait le déplacement.

En revanche, les brésiliens sont présents en masse, ce qui était nettement moins le cas des "locaux" lors de la précédente édition parisienne. Dans les couloirs, la curiosité pour la France tourne autour des projets du nouveau gouvernement et particulièrement de la question des rémunérations et de la fameuse limite de 20 fois le salaire le plus bas, dont peu ont compris qu'elle ne s'appliquait qu'au secteur public...

La présence dans ces enceintes internationales est pourtant essentielle si nous voulons apporter une contribution française originale, pas toujours en phase avec les visions traditionnelles du rôle et du devoir des actionnaires. En effet, nous sommes nombreux à penser qu'au-delà de la nécessaire défense des intérêts des actionnaires minoritaires, les pratiques de bonne gouvernance doivent privilégier une vision entrepreneuriale de l'entreprise favorisant la soutenabilité et la création de valeur à long terme notamment en intégrant les problématiques environnementales et sociales. Ces sujets sont encore trop peu abordés, même si l'ICGN (www.icgn.org) fait des efforts conséquents, notamment à travers son programme de formation consacré à l'intégration des critères ESG dans les investissements.

Les principaux thèmes de discussion du Congrès ont été sans grande surprise la composition des conseils d'administration (on retiendra la vision du patron de la compagnie minière péruvienne Buenaventura pour qui « les conseillers les moins chers sont de bons administrateurs indépendants.») et les schémas de rémunérations. Au-delà de ces sujets classiques, des réflexions intéressantes ont toutefois été menées sur la gouvernance des entreprises partiellement détenues par l'Etat, notamment dans les pays émergents, sur les entreprises familiales, sur le rôle encore trop limité des investisseurs institutionnels compte tenu de leur poids d'actionnaire et même sur l'impact des médias sociaux dans le domaine de le gouvernance, en tant qu'outil de communication et de contrôle de la réputation. Mais le moment le plus fort restera sans doute l'intervention de Michael Woodford sur  la fraude chez Olympus, qui démontre que les questions de gouvernance sont au cœur de la durabilité des entreprises.

 

 


Source : Agefi - http://www.agefi.fr/wikifinance/etudes/