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Pourquoi évaluer les entreprises sur le plan de la RSE ?

19/09/2013

Rencontre avec... Hervé Guez, directeur recherche investissement responsable de Mirova.


Parlez-nous de Natixis Asset Management et de Mirova.
Comment les deux entités se complètent-elles ?
 

Natixis Asset Management est l’expert européen de Natixis Global Asset Management en gestion d’actifs avec près de 300 milliards d'euros d'actifs sous gestion. Natixis Asset Management s'organise en six pôles d’expertise spécialistes, parmi lesquels Mirova, pôle d’expertise en investissement responsable.
Natixis Asset Management est signataire des PRI (Principles for Responsible Investment – les Principes de l'investissement responsable) depuis 2008 et l'investissement responsable fait partie intégrante de sa politique RSE . Cela se traduit notamment par l'introduction progressive de critères RSE, qui viennent s'ajouter aux pratiques responsables de vote et d'engagement.
L'ambition de Mirova, c'est de créer de la valeur durable en proposant des solutions d'investissement quelle que soit la classe d’actifs, aux épargnants et investisseurs institutionnels qui recherchent :
- un style de gestion fondé sur une analyse de fondamentales et axée sur les performances ;
- une réflexion qui place les enjeux du développement durable au premier plan.
Ces deux démarches, distinctes mais complémentaires, exigent un important investissement en recherche ISR.


Comment les entreprises doivent-elles se préparer à rencontrer vos analystes ? Et les analystes ISR français en général ?
 

Notre objectif est d'évaluer la qualité d'une entreprise sur le plan de la RSE.

Cela comprend :
- la stratégie à long terme de l'entreprise et ses objectifs en matière de gouvernance (modèle actionnarial ou de partenariat) ;
- les principales questions environnementales et sociales auxquelles l'entreprise sera confrontée à tous les niveaux, depuis les processus de production et l'approvisionnement jusqu'à l'utilisation finale des biens ou des services ;
- les moyens déployés pour améliorer les résultats sur le plan social et environnemental, ainsi que les résultats obtenus par rapport aux objectifs préalablement définis.
J'ose espérer que ces attentes ne sont pas spécifiques à Mirova, mais qu'elles sont bien partagées par les analystes ISR en général – français ou non.


Pourquoi faites-vous appel à des agences externes ? Pourquoi recourir à des intermédiaires ?
Que préférez-vous suivre en interne ?
 


Les agences de notation extra-financières peuvent actuellement être utiles pour mesurer le degré d'engagement des directions des grandes entreprises en matière de responsabilité sociale. 
Néanmoins, ces agences gagneraient à revoir leur méthodologie pour mesurer les résultats en matière sociale et environnementale.
Un intermédiaire peut s'avérer utile pour produire une analyse de fond qui englobe l'adéquation des produits ou services de l'entreprise aux piliers du développement durable. En fait, ces agences auraient tout à gagner en recentrant clairement leurs activités sur l'analyse de fond.

En interne, chez Mirova, nous concentrons nos efforts sur l'identification des entreprises les plus innovantes en matière sociale et environnementale et identifions dans le même temps, les entreprises qui ne sont pas assez transparentes sur les questions de RSE. Nous menons auprès de ces dernières diverses actions dans le cadre de notre politique d'engagement.

Sur quels points aimeriez-vous voir porter la recherche au cours des six mois à venir ?
 

Je crains bien que six mois ne suffisent pas à faire le tour de ces questions, mais en tout cas, voici les principales pistes qui, à mon avis, devraient être explorées :

> Comment créer un système d'enregistrement en partie double des équivalents carbone comprenant :
- la mesure des gaz à effet de serre émis au niveau microéconomique, dont la somme équivaudrait à la somme totale des émissions et ;
- la mesure des contributions possibles à la réduction des gaz à effet de serre pour atteindre l'objectif d'une hausse des températures limitée à + 2 °c.

> Comment concevoir des indicateurs qui évaluent si les décisions d'investissement sont prises en fonction d'une anticipation des mouvements du marché à court terme ou en fonction de prévisions à long terme.


Quelles évolutions de l'ISR souhaiteriez-vous voir au cours des cinq prochaines années ? 
Quelles sont celles que vous préféreriez ne pas voir ?
 

- Voir : un label ISR auquel les fonds auraient uniquement droit s'ils se mobilisent pour, et dans une certaine mesure, peuvent avancer la preuve de leurs résultats sur le plan social et environnemental.

- Ne pas voir : perdurer de prétendues stratégies ISR qui appliquent les critères ESG en surface tout en continuant à investir l'épargne en fonction des indices de marché traditionnels.

 

Source : SRI Connect