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L’heure des valeurs technologiques est-elle revenue ?

03/06/2013

Ex-enfants chéris des marchés, les valeurs technologiques font l’objet d’un enthousiasme modéré de la part des investisseurs depuis déjà un certain temps. Chacun se souvient de la façon dont l’introduction en bourse de Facebook s’est déroulée. De nouvelles tendances susceptibles de raviver la flamme des titres technologiques sont-elles en train d’émerger à travers le monde ?

La réponse avec Jens Peers,  directeur gestion actions de Mirova, pôle d’expertise en investissement responsable de Natixis AM.

La croissance démographique, l’urbanisation et la naissance d’une classe moyenne dans les pays émergents vont avoir une influence forte sur le monde dans les années à venir. Les évolutions technologiques nous aideront à faire face à ces nouveaux défis, comme ce fut déjà le cas par le passé. Les nouvelles technologies se développent à toute vitesse comme en témoigne la naissance de l’iPad qui a radicalement changé notre façon de traiter l’information et de communiquer 3 ans seulement après sa mise en marché par Apple.

Un véritable défi pour ceux qui investissent sur ces valeurs technologiques puisque l’apparition soudaine d’innovations majeures peut rapidement transformer "les gagnants d'hier" en "perdants de demain". La clé du succès dans ce domaine consiste donc à rester concentré sur des domaines dont la croissance est alimentée et soutenue par des sous-jacents solides en termes de dynamique d’activité et d'innovation.

Les équipes de Mirova identifient dès lors 3 domaines clés dans ce vaste domaine des nouvelles technologies : le Big Data, le Cloud Computing et les paiements électroniques (paiements mobiles).

Big data 
 

Face à l’essor des technologies de communication et des transactions qui se dématérialisent pour devenir de plus en plus « électroniques », la quantité de données disponibles et à analyser s’accroît. L’essentiel de ce volume de données est peu structuré et donc difficilement analysable afin d’affiner le service clients ou d’améliorer le ciblage commercial. Une étude récente de Morgan Stanley(1) montre ainsi que les dépenses liées au Big Data dans le pourcentage des dépenses informatiques totales (qui étaient de l’ordre de 24 % en 2011) passeront à environ 28 % dans les 3 ans. Les leaders d'aujourd'hui en la matière tels qu‘IBM, l'Oracle et Microsoft, sont d’ores et déjà en train de faire évoluer leur mix produits, tandis que de nouveaux arrivants tels Amazone sont sur le point d’entrer sur ce marché.

Cloud computing


Le Cloud computing a 2 avantages majeurs : il permet à plus de personnes d'avoir accès à davantage de données, d'applications et de puissance de calcul en même temps et à partir de différents endroits. Il permet aussi la centralisation de ressources informatiques, augmentant par là-même l'efficacité du service et un abaissement des coûts d'exploitation. Dans une étude réalisée par Merrill Lynch(2), la taille du marché sur la période 2012 – 2015 a été évaluée à près de 120 milliards de dollars, ce qui représente seulement 12 % du marché total du software et des dépenses qui y sont liées. Si certains « mastodontes » des technologies d’information comme Google sont très actifs sur ce marché, de nouveaux acteurs de niche comme saleforce.com et LinkedIn font aujourd’hui leur apparition.
 

Les paiements électroniques


L'introduction du smartphone a entraîné un changement de comportement des consommateurs alors même que l’explosion du e-commerce mettait l’accent sur les enjeux de sécurité liés aux systèmes de paiement électronique. Les opportunités aujourd’hui liées au paiement électronique mobile sont énormes. Une étude récente par McKinsey(3) explique qu’aujourd’hui, dans des pays émergents, plus d'un milliard d’individus possèdent un téléphone portable, mais pas de compte bancaire. Les opérateurs télécom ou des sociétés comme Google pourraient donc devenir les plus grands concurrents des banques sur ces marchés de la transaction mobile. Les sociétés intervenant déjà dans la sécurité des paiements électroniques (telles que Gemalto, Ingenico ou encore PayPal (eBay) seront, elles aussi, les gagnantes de demain.


Une des clés du succès en termes d’investissements sur les technologies d’information (IT) est de savoir éviter les « mastodontes » d’aujourd’hui qui sont très vulnérables aux innovations "de rupture". Si certaines sociétés, comme Google, innovent activement dans des domaines porteurs sur ce marché, d'autres préféreront probablement utiliser leur cash dans des opérations de rachats de sociétés qui leur semblent constituer une menace pour leur propre modèle économique, c'est-à-dire des sociétés actives pour la plupart d’entre elles dans les domaines du Big Data, du Cloud Computing et du paiement électronique (Mobile).

 



(1) Source : "Monetizing Big Data" – Morgan Stanley – 4 septembre 2012.
(2) Source : "The Cloud Wars Part IV: on Cloud Nine" – Bank of America, Merrill Lynch –12 mai 2011.
(3) Source : "Mobile money: Getting to scale in emerging markets" - McKinsey & Company – mai 2012.